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Changement d’orientation implicite de la politique monétaire : L’euro se renforce

Bruits de marchés

Colin HARTE
 

Allocation d’actifs : aucun changement majeur cette semaine

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • Discours de Mario Draghi : des propos jugés accommodants par les marchés obligataires, mais interprétés différemment par les marchés des changes
  • Marchés d’actions et obligataires : toujours une divergence du point de vue des perspectives économiques intégrées
  • Allocation d’actifs : aucun changement majeur

Dans l’ensemble, les marchés d’actions ont connu une semaine contrastée. Dans le même temps, les taux obligataires ont poursuivi leur détente sur fond d’apaisement des inquiétudes des investisseurs quant au rythme de retrait des politiques monétaires accommodantes des grandes banques centrales. La tonalité du discours du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, dans le sillage de la réunion monétaire du 20 juillet, a été perçue comme restrictive par les cambistes, et l’appréciation consécutive de l’euro a pesé sur un certain nombre de places boursières européennes. Les marchés obligataires européens ont en revanche interprété les propos de Mario Draghi comme étant accommodants. Le léger affaiblissement de certaines statistiques américaines a renforcé le sentiment que le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) pourrait se voir contraint d’avancer plus lentement qu’anticipé auparavant dans son processus de normalisation monétaire.

Ce changement implicite d’orientation de la politique monétaire entre les États-Unis et la zone euro a soutenu un nouveau renforcement de l’euro face au dollar américain et aux autres grandes devises.

Discours de Mario Draghi : des propos jugés accommodants par les marchés obligataires, mais interprétés différemment par les marchés des changes

Lors de la conférence de presse de la BCE le 20 juillet, Mario Draghi a souligné la vigueur continue de la reprise dans la zone euro, mais a par ailleurs indiqué que la BCE avait la possibilité de continuer à soutenir l’économie si nécessaire et a été ambigu sur la symétrie de l’inflation dans la fonction de réaction de la banque centrale.

Les marchés obligataires européens ont interprété les propos du président de la BCE comme étant accommodants, ce qui a conduit le taux du Bund à dix ans à se détendre de six points de base. Cependant, sur les marchés des changes, les opérateurs se sont concentrés sur l’orientation de la politique monétaire en relatif plutôt qu’en absolu et ont donc retenu un message plus restrictif, ce qui a fait bondir l’euro en termes pondérés des échanges commerciaux. Cette appréciation de la monnaie unique a pesé sur les places boursières européennes. Selon nous, elle testera également l’engagement de la BCE vis-à-vis de la symétrie de son objectif d’inflation dans le cadre de sa politique monétaire, car elle tendra à éloigner davantage l’inflation de son objectif de 2 %.

Marchés d’actions et obligataires : toujours une divergence du point de vue des perspectives économiques intégrées

Le décalage entre les perspectives économiques intégrées par les marchés d’actions et celles prises en compte par les marchés obligataires a été une caractéristique des marchés financiers sur une très grande partie de l’année. Les marchés d’actions tendaient à être plus optimistes sur les perspectives de l’économie mondiale et avaient fortement rebondi, tandis que les marchés obligataires, plus prudents dans leur vision, s’étaient appréciés également. Plus récemment, les préoccupations suscitées par la possibilité d’un durcissement des politiques des banques centrales en dépit du recul de l’inflation, de signes de tassement des données économiques européennes et de preuves plus tangibles d’une modération de l’économie américaine, ont toutefois commencé à rendre fébriles un certain nombre de marchés d’actions et à faire remonter les taux obligataires, suggérant que les perspectives économiques intégrées devenaient peu à peu similaires. Cependant, après une courte pause, les marchés d’actions et obligataires semblent à nouveau retenir des scénarios économiques différents.

Allocation d’actifs : aucun changement majeur

S’agissant des obligations, nous maintenons tactiquement une duration globalement neutre. À plus long terme, nous prévoyons de revenir à une position de duration courte, notamment sur les obligations européennes, car nous anticipons que la BCE sera la première des grandes banques centrales à adopter une fonction de réaction moins symétrique et à accorder une plus grande priorité à la gestion prudentielle des marchés financiers.

En ce qui concerne nos autres stratégies, nous considérons que les actions américaines sont plus surévaluées que leurs équivalentes européennes. Nous surpondérons ainsi les actions de la zone euro face à celles des États-Unis et également du Royaume-Uni. Cette dernière position s’explique par le fait que nos prévisions pour les actions britanniques sont nettement inférieures aux anticipations du consensus. Nous anticipons une sous-performance du marché britannique face à la plupart des autres grands marchés d’actions.

Concernant l’immobilier, les valeurs européennes ont nettement rebondi depuis le début de l’année, alors que le secteur américain a été à la traîne. Cette situation nous incite à maintenir une surpondération de l’immobilier américain, car nous pensons que cette divergence devrait s’inverser au cours des prochains mois sur fond de hausse de la demande d’immobilier aux États-Unis.

Les marchés des obligations à haut rendement ne se sont pas suffisamment ajustés à la baisse récente des prix du pétrole et au risque d’une augmentation des taux de défaut dans le secteur de l’énergie aux États-Unis selon nous. Enfin, sur les marchés émergents, nous privilégions la dette libellée en monnaie locale, car elle devrait nous permettre de bénéficier de l’appréciation des devises émergentes.

Achevé de rédiger le 24 juillet 2017

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