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Dollar américain : faut-il s’attendre à une accentuation du repli ou à un rebond ?

Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales

Colin HARTE
 

Allocation d’actifs : fermeture de la sous-pondération de la dette émergente libellée en dollars

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • Dollar américain : le mouvement baissier pourrait-il se prolonger ?
  • Saison des résultats du deuxième trimestre : les États-Unis l’emportent sur le front des surprises, mais l’Europe les distance sur le plan de la croissance des bénéfices par action
  • Allocation d’actifs : surpondération du dollar américain ; prises de bénéfices sur la dette émergente en dollars

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé ses taux inchangés à l’issue de sa réunion monétaire la semaine dernière. Cependant, la présidente de l’institution, Janet Yellen, a indiqué que la réduction du bilan de la Fed démarrerait « dans un avenir relativement proche ». Selon nous, la Fed annoncera le lancement du processus en septembre et commencera à le mettre en œuvre en octobre. Les taux obligataires se sont légèrement détendus, grâce à Donald Trump qui a déclaré qu’il appréciait les taux bas et n’excluait pas une reconduction de Janet Yellen à son poste actuel en février 2018.

Les matières premières ont nettement rebondi. Le prix du baril de Brent a augmenté d’environ 8 % à la suite d’une réduction marquée des stocks de pétrole brut aux États-Unis. De plus, l’Arabie Saoudite a annoncé qu’elle prévoyait de réduire fortement ses exportations pétrolières.

Dans notre allocation d’actifs, nous avons initié une position acheteuse du dollar américain face à l’euro, car nous anticipons un rebond progressif du billet vert. Nous avons en outre fermé notre sous-pondération de la dette émergente libellée en dollars.

Dollar américain : le mouvement baissier pourrait-il se prolonger ?

La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a publié la mise à jour de ses perspectives pour l’économie mondiale, dans laquelle il a indiqué que la reprise s’affermissait. Il n’a pas modifié ses prévisions de croissance du PIB mondial pour 2017 et 2018, mais a revu à la baisse ses projections de croissance pour les États-Unis et le Royaume-Uni, tout en rehaussant ses anticipations pour l’Europe, la Chine et le Japon. En 2016, la prévision consensuelle était celle d’une croissance mondiale désynchronisée, avec les États-Unis en tête et l’Europe et le reste du monde à la traîne. Ce point de vue a atteint son paroxysme après l’élection inattendue de Donald Trump. Les promesses faites par ce dernier en matière de commerce, de réforme de la fiscalité et de relance budgétaire ont donné lieu à une nouvelle tendance sur les marchés : le thème de la reflation porté par l’anticipation d’un contexte plus favorable aux actifs risqués et d’une remontée des rendements sur fond de hausse de l’inflation.

Ce scénario ne s’est toujours pas matérialisé. Face à l’incapacité du président Trump à faire adopter des réformes de grande ampleur à ce jour, le marché a changé de point de vue et le « Trump trade » est retombé. L’indice du dollar (DXY), qui avait commencé à faiblir quelques mois après l’élection américaine, se situe actuellement à un plus-bas de trente mois. En dépit de tensions sur le marché du travail et de chiffres encourageants de la croissance, la Fed n’a pas été en mesure de normaliser sa politique monétaire aussi rapidement qu’escompté, notamment du fait du ralentissement de l’inflation. Près de 80 % de l’indice DXY pondéré en fonction des échanges commerciaux se composent de devises européennes ; l’euro en compte pour 60 %, ce qui explique sa forte appréciation face au dollar depuis le début de l’année. Même si les marchés financiers ont fait machine arrière quant au « reflation trade », nous continuons de penser que le président Trump réussira à mettre en œuvre certaines réformes favorables à l’économie américaine. Le parti républicain se révélera probablement plus efficace en faisant adopter et entrer en vigueur au moins certaines réformes fiscales, à mesure que son besoin de remporter un succès politique avant les élections de mi-mandat l’an prochain deviendra plus pressant. Nous estimons que la valorisation de l’euro face au dollar est tendue et qu’elle devrait progressivement baisser au fil du rebond du billet vert.

Dans la zone euro, la reprise économique se poursuit. Les indices des directeurs d’achats (PMI) semblent avoir atteint leur point haut, mais les derniers chiffres restent bien ancrés en zone de croissance.

Saison des résultats du deuxième trimestre : les États-Unis l’emportent sur le front des surprises, mais l’Europe les distance sur le plan de la croissance des bénéfices par action

Alors que le bal des publications du deuxième trimestre n’est pas terminé, 78 % des entreprises américaines ayant publié leurs résultats à ce jour ont dépassé les estimations de bénéfices par action (BPA), contre seulement 56 % en Europe et 66 % au premier trimestre. Toutefois, cela ne veut pas dire que les sociétés américaines enregistrent une progression plus soutenue de leurs bénéfices. À ce stade, la croissance moyenne des BPA au deuxième trimestre en Europe ressort à 16 %, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de 7 % observée aux États-Unis. La proportion plus importante de bonnes surprises sur les résultats des sociétés américaines est principalement liée au fait que les estimations bénéficiaires avaient fait l’objet de révisions à la baisse avant la période de publication ; en Europe, les anticipations du consensus étaient plus élevées. Cela étant, hors secteur de l’énergie, les taux de croissance des bénéfices en glissement annuel sont assez similaires des deux côtés de l’Atlantique : 7 % pour l’Europe et 6 % pour les États-Unis.

Allocation d’actifs : surpondération du dollar américain ; prises de bénéfices sur la dette émergente libellée en dollars

Nous avons ajouté une position longue sur le dollar américain face à l’euro. En conformité avec notre approche des devises, il s’agit d’une position à long terme à forte conviction. Le rebond du dollar pourrait intervenir plus tôt que tard, alors que les acteurs du marché intègrent de faibles statistiques aux États-Unis et ont une vue positive sur la zone euro. Un changement de perspectives relativement modeste pourrait par conséquent entraîner un réajustement des anticipations et une revalorisation. Dans la mesure où les indices PMI de la zone euro semblent avoir atteint un sommet, cela pourrait signaler un prochain changement de perception du marché.

Nous avons fermé notre sous-pondération des obligations émergentes libellées en dollars, car les valorisations, qui étaient onéreuses, ont baissé. Les spreads sont assez larges, tant en comparaison historique qu’en relatif par rapport aux spreads des obligations d’entreprises américaines et européennes. L’amélioration enregistrée par les marchés des matières premières a été l’une des raisons du rebond de la dette émergente en dollars. Nous sommes désormais neutres sur les matières premières. Nous conservons une opinion positive sur la dette émergente en monnaie locale, car les devises des pays émergents continuent de s’apprécier face au dollar américain.

S’agissant des obligations, nous maintenons tactiquement une duration globalement neutre. À plus long terme, nous prévoyons de revenir à une position de duration courte, notamment sur les obligations européennes, car nous pensons que la Banque centrale européenne sera l’une des premières grandes banques centrales à adopter une fonction de réaction moins symétrique et à accorder une plus grande priorité à une gestion prudente des marchés financiers.

En ce qui concerne nos autres stratégies, nous considérons que les actions américaines sont plus surévaluées que leurs équivalentes européennes. Nous surpondérons les actions de la zone euro face à celles des États-Unis et également face à celles du Royaume-Uni. Cette dernière position s’explique par le fait que nos prévisions pour les actions britanniques sont nettement inférieures aux estimations du consensus. Nous anticipons une sous-performance du marché britannique face à la plupart des autres grands marchés d’actions.

Enfin, concernant l’immobilier, les valeurs européennes ont nettement rebondi depuis le début de l’année, alors que le secteur américain a été à la traîne. Cette situation nous incite à maintenir une surpondération de l’immobilier américain, car nous pensons que cette divergence devrait s’inverser au cours des prochains mois sur fond de hausse de la demande d’immobilier aux États-Unis.

Achevé de rédiger le 31 juillet 2017

WSU

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