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La tentative avortée de réforme du système de santé met à mal le scénario de reflation

Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire

 

Stratégie : l’ambitieux plan de relance des États-Unis suscite de plus en plus de doutes

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • Chute des indices PMI aux États-Unis, mais hausse de ceux de la zone euro
  • Contraste dans les données réelles
  • L’évolution politique américaine cristallise l’attention des marchés financiers
  • Allocation d’actifs : positionnement défensif justifié

La politique intérieure des États-Unis a dominé les marchés cette semaine. La tentative échouée de l’administration Trump en vue de remplacer le système de santé Obamacare a semé le doute dans l’esprit des investisseurs quant à la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs ambitieux dans les dépenses d’infrastructure, la réforme fiscale et la réduction d’impôts. Alors que l’annonce d’une relance budgétaire avait nourri de grandes espérances au sein des marchés, les actions ont perdu du terrain et les rendements des obligations d’État se sont repliés après cet échec.

INDICES PMI : SIGNAUX MITIGÉS

L’indice PMI américain du secteur manufacturier est tombé à son plus bas niveau sur cinq mois, face à un plus bas sur six mois pour l’indice des services. De toute évidence, l’indice PMI composite a par conséquent aussi trébuché. Néanmoins, les indices PMI se maintiennent largement au-dessus de 50, signe de croissance. Il est plus déstabilisant de constater que les indicateurs de confiance se sont globalement envolés après les élections américaines, alors que les indicateurs réels sont restés à la traîne. Il se peut que l’optimisme des indicateurs avancés soit fondé, mais nous anticipons difficilement une accélération de la croissance américaine. Le cycle économique a atteint une certaine maturité, la relance budgétaire n’est pas garantie et la Réserve fédérale est en train de relever les taux d’intérêt. Nous pourrions donc entrer dans une période de recul des indicateurs avancés à un niveau plus réaliste.

Les indices PMI de la zone euro ont défié les attentes d’une légère baisse en se propulsant à un sommet inégalé depuis 2011, lorsque la zone euro a commencé à sortir de la crise financière. Les secteurs de la manufacture et des services en France et en Allemagne se sont améliorés. À l’instar des États-Unis, les indices PMI de la zone euro pourraient pécher par excès d’optimisme, mais l’amélioration est au moins possible. Le PIB vient seulement de dépasser son sommet de 2008 avec un écart de production positif. L’investissement des entreprises est faible au regard du PIB et le chômage demeure élevé. Nous sommes plus optimistes concernant la croissance de la zone euro que celle des États-Unis. L’indice allemand Ifo a confirmé cet enthousiasme en se hissant à un sommet depuis juillet 2001 durant le mois de mars.

Le Japon n’a jusqu’à présent publié que son indice PMI pour le secteur manufacturier. Celui-ci a fléchi, mais reste supérieur aux niveaux enregistrés ces 12 derniers mois. L’économie japonaise a récemment profité d’une forte demande extérieure, qui contraste avec la morosité de l’économie intérieure.

LES INDICATEURS RÉELS ÉGALEMENT CONTRASTÉS

Le marché américain du logement a affiché une bonne tenue dernièrement : les constructeurs résidentiels ont repris confiance et la hausse du prix des logements neufs et existants s’est accélérée. Le marché du logement devrait profiter de la robustesse du marché de l’emploi et de la demande différée, tandis que l’évolution de la météo et la perspective d’une hausse des taux hypothécaires pourraient doper la demande à court terme. Les chiffres relatifs aux investissements sont apparus moins bons. Les commandes de biens durables stagnent depuis quatre ans. Les commandes de biens d’équipement (hors défense et aéronautique) font du surplace depuis deux mois. Les investissements risquent de souffrir encore si des doutes émergent à propos de la relance et de la réforme budgétaire.

Après une légère phase de dépression, les consommateurs de la zone euro ont retrouvé confiance. La baisse progressive du chômage et la stabilité de la croissance devraient entretenir cette confiance et soutenir les dépenses. La hausse de l’inflation et la baisse des revenus réels disponibles sont un risque, mais nous pensons qu’une évolution positive des investissements des entreprises devrait permettre à la croissance économique de la zone euro de maintenir fermement le cap. Toutefois, tous les indicateurs de la zone euro ne sont pas aussi flatteurs. La croissance de la masse monétaire M3 a reculé pour le deuxième mois consécutif. Le volume de prêts bancaires peine à décoller, le crédit à la consommation a ralenti et la croissance des prêts aux entreprises non financières est à peine positive.

Cela étant, les demandes intérieure et extérieure évoluent de façon diamétralement opposée. Alors que les exportations progressent beaucoup plus vite que les importations, l’économie devrait enregistrer un nouvel élan des chiffres du commerce extérieur au premier trimestre. Cependant, les dépenses de consommation sont faibles et le revenu nominal n’augmente guère, tandis que l’inflation grignote le pouvoir d’achat des consommateurs. De plus, la vigueur du yen japonais à l’issue d’un dégagement des actifs risqués devrait rogner les exportations.

LES MARCHÉS DOMINÉS PAR LA POLITIQUE AMÉRICAINE

L’évolution de l’économie a pour l’instant un impact neutre sur les actions, car l’attention des marchés s’est concentrée sur l’incapacité de l’administration Trump à dégager une majorité à la Chambre des représentants pour abroger et remplacer l’Obamacare. Les marchés avaient anticipé l’échec de cette initiative et ont subi une combinaison de facteurs aggravants : incertitude politique, chute des prix pétroliers et baisse des rendements obligataires. Les secteurs cycliques, comme l’énergie, les matériaux de base et l’industrie, ont souffert, tandis que les actions bancaires se sont repliées en même temps que les rendements obligataires. L’indice de volatilité VIX s’est emballé, tandis que la demande d’options, qui influence leur prix, s’inscrivait surtout dans le cadre d’une protection baissière. Les marchés américains se sont calmés une fois intégrée l’incertitude politique, mais les pressions vendeuses ont continué de frapper l’Asie et l’Europe.

Plusieurs facteurs suggèrent que le rebond boursier atteint sa maturité et s’essouffle selon nous. Les indicateurs cycliques ont probablement atteint leur meilleur niveau. La performance sectorielle s’est détournée des secteurs cycliques au profit des secteurs défensifs. Les petites capitalisations ont sous-performé les grandes, en particulier aux États-Unis. Les rendements ont cessé de grimper et le dollar américain a faibli. La chute des prix est peut-être propre au pétrole, mais les prix du cuivre et du minerai de fer ont aussi diminué dernièrement.

ALLOCATION D’ACTIFS : INCHANGÉE

Le niveau de prudence de notre allocation d’actifs a progressivement baissé ces dernières semaines compte tenu de la solide performance des indicateurs avancés cycliques. Nous sous-pondérons néanmoins les actions développées, les obligations d’entreprises à haut rendement américaines et la dette émergente en devises fortes, ce qui nous donne un positionnement défensif. Selon nous, les prix élevés du marché ne reflètent pas la dégradation des fondamentaux. Dans les actions, les valorisations élevées sont notre principale préoccupation. Du côté du haut rendement américain, nous sommes inquiets de la faiblesse des bilans des entreprises. Concernant la dette émergente, nous pensons que le niveau du dollar américain, les taux d’intérêt et le protectionnisme constituent des risques.

Achevé de rédiger le : lundi 27 mars 2017

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