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Le discours de Janet Yellen recentre l’attention sur l’inflation inférieure à l’objectif

Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales

 

Maintien de la préférence pour les actions européennes en dépit de la vigueur de l’euro

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • La Fed surprend en adoptant un ton accommodant
  • Les prix du pétrole brut entament-ils une remontée ?

La hausse des taux obligataires au début de la semaine dernière a suscité la prudence sur les marchés des actifs risqués. Toutefois, un discours de la présidente de la Réserve fédérale (Fed), Janet Yellen, a contribué à stabiliser les marchés obligataires et a offert un catalyseur aux actions américaines, qui ont rebondi en phase avec les matières premières à la suite du repli du dollar sur les marchés des changes. Après l’euphorie déclenchée par les propos perçus comme accommodants de Janet Yellen, les actions européennes ont pâti du renforcement de l’euro.

LA FED SURPREND PAR SON TON ACCOMMODANT

Les opérateurs s’attendaient à ce que Janet Yellen, à l’occasion de son intervention devant le Congrès américain, s’en tienne à un message restrictif, s’inscrivant dans le droit fil de ses commentaires du mois dernier. Pour rappel, elle avait semblé ne pas tenir compte de la faiblesse de l’inflation et avait signalé une poursuite de la normalisation monétaire. Cependant, elle a surpris en tenant un discours à la tonalité plus accommodante, dans lequel elle a reconnu que « l’inflation était inférieure à l’objectif de 2 % (de la Fed), [et] que cette situation pourrait se poursuivre ». Comme indiqué dans le cinquième Livre beige (enquête sur l’activité économique régionale publiée par la Fed), les salaires n’ont augmenté qu’à « un rythme modeste à modéré ». Les tensions sur les salaires constituent généralement un élément clé de la création d’une dynamique d’inflation durable. Ce rapport a également souligné une poursuite des tensions sur le marché de l’emploi, notamment dans les secteurs de la construction et de l’informatique, portant le taux de chômage à un niveau proche d’un plus-bas de 16 ans à 4,4 % et conduisant à une pénurie de travailleurs qualifiés.

L’allocution de Janet Yellen a clairement tranché avec les discussions qui se sont récemment tenues entre les banquiers centraux européens à Sintra au Portugal. En effet, l’un des principaux messages ressortis du forum organisé par la BCE a été l’idée de s’écarter des objectifs officiels d’inflation pour se concentrer davantage sur la hausse des prix des actifs financiers. Le discours de Janet Yellen a par conséquent recentré l’attention sur la préoccupation plus classique que constitue le ciblage de l’inflation. Toutefois, il est également possible que la présidente de la Fed ait décidé d’adopter un ton accommodant afin d’éviter de commettre la même erreur de communication que son homologue de la BCE, Mario Draghi. Le durcissement de ton de ce dernier a provoqué une hausse des taux obligataires en Europe et la BCE a dû réajuster son message en lui conférant une tonalité moins restrictive. Si Janet Yellen s’est montrée prudente sur l’inflation, elle a par ailleurs confirmé l’engagement de la Fed à normaliser sa politique monétaire et à réduire la taille de son bilan, qui a été gonflé par les achats d’actifs durant la crise, « dès cette année ».

Confirmant l’inquiétude de la présidente de la Fed, les derniers chiffres de l’inflation aux États-Unis sont ressortis une fois de plus décevants. L’inflation sous-jacente s’est établie à 1,7 % en glissement annuel en juin, poursuivant ainsi sa tendance baissière depuis son point haut de février à 2,3 %. Exception faite du mois de janvier, l’indice de surprises sur l’inflation sous-jacente, qui reflète l’écart entre les données des enquêtes et les chiffres officiels, ne s’est pas inscrit en territoire positif depuis août 2016.

LES PRIX DU PÉTROLE BRUT POURRAIENT-ILS CONNAÎTRE UN REBOND DURABLE ?

La semaine a été positive pour l’or noir, grâce au soutien des chiffres des stocks sur fond d’une demande soutenue. Cependant, plusieurs raisons nous conduisent à penser que ce rebond sera de courte durée. Premièrement, du côté de l’offre, les producteurs américains de pétrole de schiste limitent le potentiel d’appréciation des prix, car ils pompent davantage dès que les prix augmentent. Dans le même temps, le perfectionnement des technologies (amélioration des têtes de forage, gestion des données…) tire les prix d’équilibre vers le bas, permettant une production rentable à moindre coût. Deuxièmement, la capacité du cartel de l’Opep à soutenir les prix via une réduction de sa production semble atteindre ses limites. Selon les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie, le taux de respect des quotas de production des membres de l’Opep a fléchi.

Cette situation pourrait en partie tenir aux pressions que les baisses de production exercent sur les soldes budgétaires des principaux producteurs de l’Opep, notamment l’Arabie Saoudite. En effet, ces coupes affectent leurs recettes sans avoir l’impact attendu sur les prix du pétrole : en dépit de l’accord actuel de réduction de la production, les prix au comptant sont restés relativement bas et, sur le marché à terme, les contrats future se négocient au-dessus des prix au comptant, ce qui bénéficie aux producteurs américains de pétrole de schiste qui couvrent leur production en vendant leur pétrole quelques années à l’avance. Les pays du golfe Persique vendent généralement leur production aux prix au comptant. Si l’on examine la courbe du marché à terme, on peut observer que la réduction de la production de l’Opep a eu un impact en janvier, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, le profil de la courbe étant désormais similaire à celui observé il y a un an. Des doutes pourraient donc apparaître quant à l’efficacité des coupes. Ils pourraient conduire les pays du cartel à ne pas reconduire l’accord et déclencher une bataille des parts de marché impliquant « ouverture des robinets » et accroissement de la production.

ALLOCATION D’ACTIFS INCHANGÉE

S’agissant des obligations, nous maintenons notre position sur la duration courte dans la zone euro déjà réduite pour des raisons tactiques, car nous anticipons une correction avec une détente des taux. Cependant, nous considérons qu’une stratégie de duration courte reste pertinente à plus long terme, notamment dans la mesure où l’offre nette négative d’obligations de qualité devrait ajouter une prime de rareté aux prix et accroître les pressions à la baisse sur les rendements.

En ce qui concerne nos autres stratégies, les actions américaines nous paraissent plus surévaluées que leurs équivalentes européennes. Nous surpondérons les actions de la zone euro face à celles du Royaume-Uni et des États-Unis. Cette position s’explique notamment par le fait que nos prévisions pour les actions britanniques sont nettement inférieures aux anticipations du consensus.

Concernant l’immobilier, les valeurs européennes ont connu un net rebond depuis le début de l’année, alors que le secteur américain accuse un retard. Nous surpondérons l’immobilier américain afin de tirer parti de cette divergence, qui devrait selon nous s’inverser au cours des prochains mois compte tenu de la hausse de la demande et de l’offre limitée aux États-Unis.

Enfin, nous estimons que les marchés des obligations à haut rendement ne se sont pas suffisamment ajustés à la baisse récente des prix du pétrole et au risque d’une augmentation des taux de défaut dans le secteur de l’énergie aux États-Unis. Sur les marchés émergents, nous privilégions la dette libellée en monnaie locale, car elle devrait nous permettre de bénéficier de l’appréciation des devises émergentes.

rédigé le 17 juillet 2017

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