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Les banquiers centraux commencent-ils à tenir le même discours ?

Investment Insight

Colin HARTE
 

Le récent décrochage des marchés obligataires paraît excessif

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • Les banques centrales entrevoient-elles la lumière au bout du tunnel ?
  • Allocation d’actifs : réduction tactique de la duration courte dans la zone euro

Les propos récents du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, et du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, ont continué de perturber les marchés obligataires et d’actions la semaine dernière. Les craintes entourant la possibilité d’un resserrement des politiques monétaires – ou d’un arrêt de l’assouplissement quantitatif – plus tôt que prévu par nombre d’acteurs du marché, ont notamment provoqué une chute des obligations. Ces préoccupations à l’égard d’une inflexion synchronisée des politiques monétaires, en dépit d’une inflation faible en général, ont été accentuées par les déclarations de plusieurs membres du comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale des États-Unis. Ces derniers ont en effet signalé qu’ils étaient prêts à ignorer la faiblesse des statistiques américaines à plus court terme et s’emploieraient à poursuivre la normalisation des taux directeurs. La volatilité sur les marchés a connu un regain, mais, envisagée d’un point de vue à plus long terme, elle reste à un niveau historiquement bas.

LA FONCTION DE RÉACTION DES BANQUES CENTRALES PRÉOCCUPE DE PLUS EN PLUS LES MARCHÉS

Depuis la crise financière des années 2007-2008, les banques centrales du monde entier ont eu tendance à présenter un comportement asymétrique dans leurs réponses de politique monétaire : l’assouplissement de leur politique face à une inflation en deçà de l’objectif officiel a été plus agressif que les resserrements opérés quand l’inflation risquait de dépasser la cible. Au cours des derniers mois, un certain nombre de banquiers centraux à la fois aux États-Unis et en Europe ont commencé à exprimer des inquiétudes quant aux risques que les politiques accommodantes exceptionnelles actuelles alimentent une hausse excessive des prix des actifs (même si le taux d’inflation demeure inférieur à l’objectif officiel) et créent des bulles sur les marchés financiers susceptibles de déstabiliser le système financier.

LES OBLIGATIONS SERAIENT LES PREMIÈRES VICTIMES D’UN RÉAJUSTEMENT

Si les grandes banques centrales commençaient à présent à revoir les préférences à la base de leur fonction de réaction en vue d’accorder une priorité accrue à la prudence financière et se montraient plus enclines à tolérer une période prolongée d’inflation inférieure à l’objectif officiel (ce qui constituerait un changement radical dans leur processus d’élaboration de la politique monétaire), nous pensons que le premier mouvement de réévaluation des prix des actifs interviendrait sur les marchés des emprunts d’État. C’est d’ailleurs ce que nous avons observé récemment : une baisse des prix des obligations et une hausse concomitante des taux, indiquant un durcissement des conditions financières.

AJUSTEMENT TACTIQUE DE LA SENSIBILITÉ AUX TAUX D’INTÉRÊT

À la suite du décrochage des marchés obligataires la semaine dernière, nous avons réduit notre duration courte dans la zone euro. Il s’agit d’un ajustement tactique, car nous estimons qu’une stratégie de duration courte reste pertinente à plus long terme. Cependant, à court terme, nous jugeons la réaction récente des marchés excessive et anticipons une correction avec une détente des taux obligataires. Par ailleurs, l’offre nette négative de titres de qualité (les remboursements sont supérieurs aux émissions nouvelles) tend à ajouter une prime de rareté aux prix, ce qui devrait donc accroître la pression à la baisse sur les taux, notamment ceux des Bunds allemands.

Nous n’avons pas modifié nos autres stratégies. Les actions américaines nous paraissent plus surévaluées que leurs équivalentes européennes. Compte tenu d’une plus forte corrélation du marché boursier britannique avec son homologue américain, nous surpondérons les actions de la zone euro face à celles du Royaume-Uni. Cette position tient également au fait que nos prévisions pour les actions britanniques sont nettement inférieures aux anticipations du consensus.

Il en va autrement pour l’immobilier : les valeurs européennes ont connu un net rebond depuis le début de l’année, alors que la performance du secteur américain a été plus terne. Nous surpondérons l’immobilier aux États-Unis afin de tirer parti de cette divergence, qui devrait selon nous s’inverser au cours des prochains mois, car ce segment bénéficie d’un accroissement de la demande et d’une offre limitée.

LES OBLIGATIONS À HAUT RENDEMENT PARAISSENT SURÉVALUÉES

Les marchés du haut rendement semblent surévalués. En particulier, nous estimons qu’ils ne se sont pas encore assez ajustés à la baisse récente des prix du pétrole et au risque d’une augmentation des taux de défaut dans le secteur de l’énergie aux États-Unis. Ce segment représente quelque 30 % des marchés à haut rendement.

Enfin, s’agissant des marchés émergents, nous considérons que les obligations libellées en dollars américains sont survalorisées par rapport à celles libellées en devises locales. Pour cette raison, nous surpondérons la dette en monnaie locale face à la dette en dollars américains. Cette position devrait nous permettre de bénéficier de gains de change, car plusieurs devises émergentes se situent à de faibles niveaux et sont susceptibles de s’apprécier.

rédigé le 10 juillet 2017

WSU

 

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