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Investment Insight, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales

Marée montante sur les marchés d’actions

26 janvier 2018 - Andrew Craig, Head of Financial Market Analysis & Publications

Pourquoi la volatilité est-elle si faible ?

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

Les premières semaines de 2018 ont démarré en fanfare pour les bourses mondiales (graphique 1). Au 23 janvier, l’indice MSCI All-Country World affichait une progression de 6,3 % depuis le début de l’année.

Graphique 1 : Début d’année sur les chapeaux de roues pour les marchés d’actions mondiaux

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Il s’agit d’un excellent départ qui s’inscrit dans le prolongement des douze mois consécutifs de hausse que cet indice a signés en 2017. En fait, il n’a pas connu un seul mois de baisse depuis octobre 2016.

L’une des caractéristiques de l’année 2017 a été que les marchés d’actions des pays développés n’ont eu de cesse de gravir de nouveaux sommets. Ainsi, l’indice américain S&P 500 a clôturé à plus de 60 reprises à un nouveau record historique l’an passé. De même, soutenu par les performances impressionnantes des grandes capitalisations des secteurs de la technologie et de l’Internet, le Nasdaq a battu plus de 75 fois un pic historique en clôture en 2017, pulvérisant un record établi en 1999.

En 2017, le S&P 500 a bondi de plus de 19 %, signant sa sixième meilleure performance annuelle des vingt dernières années. Selon S&P Dow Jones Indices, 2017 a par ailleurs été la première année civile (sur la base des données remontant à 1928) au cours de laquelle la performance totale (tenant compte du réinvestissement des dividendes) du S&P 500 a été positive sur chacun des mois.

Fin janvier, l’indice large européen STOXX 600 a atteint son plus haut niveau depuis 2015, tandis que l’indice Xetra Dax 30 a déjà inscrit un record (il est à noter que ce principal indicateur de référence des actions allemandes est un indice « dividendes réinvestis » – il suit les dividendes et les taux de rendement du capital de ses constituantes ainsi que les variations des cours des actions, ce qui signifie que, d’un point de vue structurel, il franchit plus fréquemment de nouveaux sommets).

Pourquoi la volatilité est-elle si faible ?  

Parmi les facteurs explicatifs de la volatilité basse, citons :

  • le niveau faible et prévisible des taux d’intérêt, car les banques centrales orchestrent avec une grande prudence leur sortie des politiques monétaires non conventionnelles ;
  • la reprise la plus forte et la plus synchronisée de la croissance économique mondiale depuis 2010, qui laisse penser que l’économie mondiale est désormais sortie de la période de convalescence dans laquelle elle se trouvait depuis la Grande crise financière de 2008/2009 ;
  • les changements liés aux technologies sur les marchés financiers, tels que le développement des fonds indiciels cotés et d’autres instruments financiers permettant aux investisseurs de « vendre la volatilité ».

Et maintenant ? La hausse des marchés d’actions peut-elle se poursuivre en 2018 ?

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, dit l’adage. Cependant, le contexte économique actuel est porteur pour les actions, et, comme nous l’avons souligné dans nos Perspectives d’investissement pour 2018, les banques centrales resteront d’importants acheteurs d’actifs financiers cette année. La marée est haute et ne semble pas redescendre de sitôt.

Un « melt-up » ?

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que l’idée d’un « melt-up » soit évoquée sur certains trimestres. Ce concept décrit le fait que, face à la hausse inexorable des actions, les investisseurs qui n’ont pas encore participé au mouvement, renoncent à rester du mauvais côté de la tendance et prennent le train en marche, ce qui a pour effet de pousser le marché vers de plus hauts niveaux et de déclencher de nouvelles vagues de capitulation.

Déterminer ces changements dans la psychologie de masse est un art, pas une science. Aussi nous limitons-nous aux observations suivantes : il n’y a pas d’euphorie visible à ce stade ; la saison des résultats d’entreprises a bien démarré. Selon nous, les valorisations des actions américaines commencent à paraître tendues, mais nous sommes positifs à l’égard des perspectives des actions européennes et japonaises en raison de leurs plus bas niveaux de valorisation et de leur capacité à offrir une croissance des bénéfices supérieure aux attentes du marché.

Marchés obligataires : pas d’effondrement en vue

En janvier, les marchés des obligations d’État ont subi des dégagements. Le rendement du bon du Trésor à dix ans aux États-Unis, référence du marché obligataire américain, est remonté vers 2,60 %, se rapprochant des niveaux observés en mars 2017, tandis que le rendement du Bund allemand à dix ans est passé au-dessus de 0,50 %, niveau qu’il avait atteint en juillet 2017.

Graphique 2 : Évolution des rendements des obligations d’État (Japon, États-Unis, Royaume-Uni et Allemagne) entre l’année 2000 et le 23 janvier 2018

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Le marché haussier des obligations est entré dans sa trente-sixième année. Il est clair que le raffermissement de la croissance économique conduit les investisseurs à s’interroger sur la pérennité du contexte de faibles taux d’intérêt.

Selon nous, les forces qui ont tiré vers le bas les rendements obligataires ont un caractère séculaire et long terme (il s’agit notamment des effets déflationnistes de la mondialisation, des technologies et du vieillissement démographique), et restent prépondérantes. Nous anticipons que les taux à dix ans continueront d’évoluer dans une fourchette étroite, autour de niveaux historiquement bas, sur la majeure partie de l’année 2018 en l’absence de pressions inflationnistes et compte tenu du rythme très lent de retrait des mesures accommodantes des grandes banques centrales.

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Volatilité toujours faible malgré une semaine riche en événements

L’inflation sur une courbe haussière aux États-Unis

Nos perspectives d’inflation et de croissance aux États-Unis sont devenues nettement plus positives depuis le début de 2018. Dans ce contexte, nous avons revu à la hausse nos objectifs pour les rendements des bons du Trésor américain et pour les points morts d’inflation basés sur les obligations américaines indexées (TIPS). Dans le présent article, nous passons en revue les facteurs qui contribuent, selon nous, à la remontée de l’inflation aux États-Unis et exposons notre point de vue concernant la réaction de politique monétaire potentielle de la Réserve fédérale (Fed) face à cette hausse.

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