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Macroéconomie et marchés en 2022 - Rééquilibrer l'offre et la demande

A quoi les investisseurs peuvent-ils s’attendre après une année marquée par de nouvelles flambées de la pandémie et dans la perspective d’une année 2022 qui pourrait voir apparaître de nouveaux foyers épidémiques mais aussi de nouvelles restrictions en matière de mobilité et d’activité ? Quelles sont les perspectives macroéconomiques pour 2022 ? À quoi faut-il s’attendre sur les marchés ?



Nous pensons certes que les contraintes liées aux chaînes d’approvisionnement et à la production finiront par s’estomper, mais les marchés du travail risquent fort de ne pas retrouver leur situation d’avant la pandémie. Une main-d’œuvre plus réduite implique une baisse de la production, voire des pressions accrues sur les salaires. Les entreprises finiront par substituer le capital au travail et la productivité devrait s’améliorer, mais cela ne se produira pas immédiatement.

Les actions américaines pourraient sous-performer le reste du monde

Au-delà des tendances historiques, d’autres raisons laissent à penser que les actions américaines vont prendre du retard sur les autres régions du monde. L’économie américaine ayant redémarré plus tôt que la plupart de celles des autres pays du monde, l’essentiel de la reprise post-confinement a eu lieu et la croissance du PIB a déjà dépassé les niveaux d’avant la pandémie. Avec le redémarrage de l’activité en Europe et, petit à petit dans les pays émergents, la dynamique économique devrait s’améliorer dans ces régions.

Toutefois, la politique monétaire sera davantage durcie aux États-Unis que dans la zone euro, notamment car les pressions inflationnistes y sont plus fortes dans le sillage de la relance budgétaire. Dans la mesure où la hausse de l’inflation devrait freiner la demande, la consommation des ménages américains pourrait augmenter à un rythme plus lent qu’en Europe.

Valorisations des actions

En termes absolus, les valorisations des actions américaines sont élevées, mais selon nous, elles ne menacent par les performances du marché. Les multiples ont nettement augmenté grâce aux achats d’actifs menés dans le cadre de la politique d’assouplissement quantitatif (QE) de la banque centrale et, tant que ces obligations resteront dans les bilans des banques et que les rendements resteront bas, nous pensons que les multiples bénéficieront d’un soutien.

Toutefois, sur une base relative, les valorisations des actions européennes par rapport à leurs homologues américaines ont atteint des niveaux historiquement bas. Cette décote ne s’explique pas seulement par les multiples élevés des méga-capitalisations technologiques américaines. La plupart des secteurs européens se négocient en effet avec une décote par rapport à leurs homologues américains.

La prime de valorisation croissante accordée aux actions américaines n’est manifestement pas justifiée. En effet, la croissance des bénéfices et les performances boursières des entreprises cotées européennes ont suivi le rythme de leurs homologues américaines en 2021 et les prévisions de bénéfices pour 2022 sont similaires, et tout aussi modestes.

Gestion obligataire – la thématique de l’inflation

Selon nous, les pressions inflationnistes finiront par se révéler « transitoires », elles seront suffisamment fortes et persistantes pour obliger la Réserve fédérale américaine (Fed) à durcir sa politique plus tôt que prévu.

Les anticipations d’inflation à long terme restent bien ancrées reflètent l’une des deux choses suivantes : soit la perspective d’une inflation « transitoire », soit la conviction de la crédibilité des grandes banques centrales.

Si l’inflation se propage et se raffermit davantage que prévu, on peut estimer que les banques centrales réagiront (bien que tardivement) pour ramener l’inflation vers son objectif. La principale préoccupation des investisseurs ne serait donc pas l’inflation à moyen terme en tant que telle, mais la trajectoire des taux directeurs.

Taux directeurs des banques centrales

Les grands événements de ces quinze dernières années sont sans précédent, de la crise financière mondiale aux politiques d’assouplissement quantitatif, en passant par les pandémies et les confinements. La volatilité des taux d’intérêt et les divergences entre les politiques menées reflètent l’incertitude concernant la rapidité et la fluidité avec lesquelles l’économie mondiale atteindra la prochaine « nouvelle normalité ».

Nous pensons que les anticipations du marché seront correctes et que la Fed sera contrainte de modérer ses déclarations sur le caractère transitoire de l’inflation. Le marché du travail américain devrait atteindre le plein emploi plus tôt que prévu puisque les taux de participation restent inférieurs aux niveaux pré-pandémie, ce qui renforcera les pressions salariales.

L’augmentation des rendements des emprunts d’État sera plus notable sur les échéances jusqu’à 5 ans que sur les autres car les anticipations relatives au taux directeur à court terme augmentent davantage que le taux terminal. L’augmentation des rendements des bons du Trésor américain à plus long terme sera limitée par des anticipations d’inflation modestes et par la taille du bilan de la Fed. Les rendements réels devraient donc rester faibles. 


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